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L'influence de la pornographie sur l'éducation sexuelle



L’influence de la pornographie sur le bien être sexuel des jeunes est une préoccupation de plus en plus présente dans la société puisque 80% des jeunes du monde ont une connexion internet.


Voici quelques chiffres concernant la pornographie et la génération Z :

​Seuls 16% des mineurs d’âge échappent aux images pornographiques;

​Près d’un jeune sur trois regarde des images pornographiques au moins une fois par mois;

​ 8% des jeunes déclarent avoir vu leurs premières images pornographiques avant l’âge de 11 ans (17% avant 13 ans).

​Bien que la consommation de pornographie ne soit pas toujours liée à un plaisir ou un souhait, les jeunes sont relativement peu nombreux à considérer qu’elle a un effet négatif:

​Plus de 15 % des jeunes filles déclarent avoir été quasi obligées de regarder des images pornographiques;

​32% des jeunes considèrent que la pornographie a des effets positifs sur leur sexualité, pour 8% qui déclarent que les effets sont négatifs.

​Les jeunes ont une image négative de la pornographie qu’ils jugent plutôt dégradante, dégoûtante, violente et dénuée de tendresse;

​Si les consommateurs réguliers (au moins une fois par semaine) jugent la pornographie comme un peu plus excitant que les consommateurs occasionnels, ils en soulignent tout autant le caractère dégradant, violent et dégoûtant;

​Avec une cote de 3,7 sur 10, ‘relaxant’ est le terme qui correspond le moins à la pornographie pour les jeunes;

​‘Dégradant’ est le terme qui définit le mieux la pornographie. Il obtient en moyenne un score de 6,5 sur 10.

​La majorité des jeunes condamnent l’absence de protection contre les MST dans l’industrie porno.

Les garçons sont 3 fois plus nombreux que les filles à penser qu’acteur / actrice porno est un beau métier.

​70% des jeunes déclarent que les acteurs pornos devraient porter des préservatifs;

6,8 % des jeunes déclarent que les acteurs pornos ne doivent pas utiliser de préservatifs;

17% des garçons pensent qu’acteur porno est un beau métier, seuls 5% des filles pensent qu’actrice porno est un beau métier.


La pornographie est présente depuis presque toujours, la différence est qu’aujourd’hui, il n’a jamais été aussi facile d’avoir accès à du contenu pornographique.

Ce qui pose problème en matière d’éducation sexuelle est que la plupart des jeunes se posant des questions sur leur sexualité, puberté, premiers rapports sexuels, etc, sont tentés d’aller consommer de la pornographie pour répondre à leurs questions. En effet, les cours d’éducation sexuelle sont dits obligatoire en Belgique, mais dans les faits, ils ne sont pas toujours donnés. Ceux-ci n’abordent pas réellement les sujets de préoccupations des jeunes, car beaucoup d’entre eux restent tabous.


La plupart des adolescents veulent se renseigner sur ce qu’il « faut » faire durant un rapport sexuel. Selon le rapport de 2020 du British Board of Film Classification, la majorité des jeunes avouent avoir déjà consommé de la pornographie (sans compter ceux qui n’ont pas voulu l’avouer vu le tabou qu’il y a autour de ce sujet). Ces mêmes adolescents ont confié aux chercheurs qu’ils ressentaient de l’angoisse par rapport à leur corps ainsi que du fait de potentiellement décevoir leurs partenaires sexuels suite à la consommation de porno.


Les gen Z sont baignés dans les images pornographiques dès leur plus jeune âge : selon l’enquête une partie de ces jeunes auraient regardé leur premier porno à l’âge de 11 ans.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel français réalise en outre le même constat via son étude de Médiamétrie au travers de l’utilisation de Canal Plus, chaîne de télévision française, révélant qu’environ 11 % des enfants de 4 à 11 ans ont déjà été exposés à un film X au moins une minute. D’autres enquêtes confirment à la fois l’exposition assez courante des ados à la pornographie (80 % des garçons et 45 % des filles de 14 à 18 ans ont vu au moins un film pornographique dans l’année précédant l’enquête.) et l’âge précoce de cette exposition.


La pornographie (images, sites pornos, mails, films…) fait donc partie de la vie des jeunes et devient de moins en moins taboue. Effectivement, nous baignons dans une société hypersexualisée, rien qu’à travers les différentes pubs pour toute sorte de produits, nous sommes face à des hommes et surtout des femmes dénudées offrant plaisir et jouissance si nous achetons le produit.


Les adolescents confient également aux chercheurs qu’ils pensaient représentatif de la réalité ce qu’ils avaient visionné dans les films pornographiques. De fait, plusieurs théoriciens démontrent que nous avons parfois du mal en tant qu’humain à nous rendre compte de la barrière du réel lorsque nous sommes face à un film, nous faisons face à toutes sortes d’émotions, sensations, etc. ces théoriciens font le parallèle avec la dimension de rêve qui parfois nous semble si réel que nous ne voyons plus la différence entre celui-ci et la réalité.


Il est donc difficile pour ces jeunes de faire la différence entre quelque chose qu’ils n’ont pas encore vécu et la réalité. Dans les contenus pornographiques, on voit majoritairement des personnages sexuels stéréotypés validant certains clichés sur le rôle de l’homme et la femme : la femme est là pour satisfaire le plaisir de l’homme tout en prenant beaucoup de plaisir, le plaisir de celle-ci est souvent mis au second plan. De plus, les pratiques sexuelles mises en scène durant ces films sont souvent acrobatiques et parfois violentes, il y a de quoi mettre une pression aux jeunes pensant que c’est comme ça qu’ils doivent agir durant leurs rapports sexuels, or ces pratiques représentent pour la plupart du temps d’avantage les fantasmes du réalisateur/producteur que ce qu’il se passe réellement au lit pour la plupart des individus.


« En fait, nous voulons parler aux jeunes des relations amoureuses et des violences sexuelles ? Nous avons constaté qu’ils trouvent amusant de parler de pornographie. Nous abordons donc ce thème pour parler de sujets que nous estimons vraiment essentiels, comme le consentement et l’établissement de limites saines dans une relation. »

Emily Rothman


Il existe plusieurs dangers à reproduire ce que nous pouvons voir dans les vidéos pornographiques. Dans ces films, les protagonistes ne portent presque jamais de préservatifs, il n’y a aucune protection contre les IST/MST ou de moyen de contraception. De plus, vu l’hypermasculinité mise en avant dans ces films, certains chercheurs pensent que le porno peut influencer un comportement dangereux ou abusif envers les femmes.

Depuis bientôt dix ans, Emily Rothman, professeure de sciences de la santé communautaire à la Boston University School of Public Health, travaille sur le lien entre pornographie et violences sexuelles.


Lors de ses recherches, E. Rothman a pu constater que la pornographie était la principale source d’information pour la majorité des adolescents qui ont participé son étude. Le but de la chercheuse est de réduire les violences sexuelles en informant sur la pornographie, dans cette optique, elle a créé un cours d’éducation à la pornographie The Truth About Pornography: A Pornography-Literacy Curriculum for High School Students Designed to Reduce Sexual and Dating Violence destiné aux adolescents du secondaire à Boston.

Dans ce cours, Rothman confronte des thèmes comme le consentement, l’appartenance ethniques, la représentation des corps, le genre, etc. à la pornographie.


« En l’absence de toute autre forme d’éducation ou source d’informations, il y a de plus grandes chances que les jeunes se tournent vers des contenus réalisés à des fins de profit économique et de divertissement pour s’informer. S’ils possédaient des connaissances à ce sujet avant leur premier contact avec la pornographie, ils seraient immunisés contre certaines des potentielles pires influences. »

Emily Rothman


Il est donc important d’éduquer ces adolescents à la pornographie en leur expliquant que celle-ci est fictive et non une caméra cachée ou un documentaire sur la vie sexuelle. Toutefois, il est important de ne pas les blâmer de consommer ce genre de contenu tant qu’ils sont conscients que ce contenu est fictif. Il faut parler de sexualité aux jeunes sans les empêcher de rêver, fantasmer, etc.


Plusieurs études mettent en avant la possibilité d’une dépendance à la pornographie. Dans l’article Structural Therapy with a couple battling Pornography addiction de Jeffrey J. Ford, Jared A. Durtschi et Darrell L. Francklin, les chercheurs mettent en évidence des liens entre dépendance et pornographie. Ils ont constaté que certaines personnes amatrices de pornographie ressentait une accoutumance, plus ils consommaient de la pornographie plus leur excitation diminuait.


Dans ce cas-ci, la plupart des consommateurs vont donc se tourner vers du contenu du plus en plus hard ce qui a pour conséquence de modifier les perceptions de la sexualité et donc créer des difficultés à être excité dans la vraie vie. Ils ont également remarqué que l’arrêt de consommation de la pornographie peut provoquer des symptômes de sevrage tel que la dépression, l’anxiété, l’irritabilité ainsi que des pensées obsessionnelles liées au porno.


La pornographie peut également avoir un impact sur la représentation du corps. Les adolescents ont déjà du mal à accepter leur corps durant l’adolescence, principalement à cause de la puberté, mais également à cause des représentations de corps parfaits que nous montrent la publicité, les films et le porno. « 34% des Millennials se sont déjà sentis complexés par rapport à leur physique en regardant ce type de contenus – un phénomène qui touche davantage les femmes (44%) que les hommes (28%). »


Selon l’étude Is Internet Pornography Causing Sexual Dysfunctions?, la pornographie peut avoir un impact sur la représentation sexuelle, ce qui entraîne la plupart du temps des dysfonctionnements dans la vie sexuelle. Durant cette étude, les médecins de l’US Navy constatent que la consommation accrue de pornographie créait une baisse de désir et d’excitation dans leur vie intime, deux tiers des participants à l’étude ont vu leur problème sexuel disparaître en arrêtant la consommation de pornographie.

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