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Le porno représente-t-il la réalité ?



« Il y a très souvent une confusion entre la réalité, l’imaginaire et le fantasme. »

Caroline Van Assche, psychologue et sexologue en Gironde.



Pour savoir si la pornographie est représentative de la réalité, reprenons la définition de pornographie : "Le Larousse définit la pornographie comme la présence de détails obscènes dans certaines œuvres littéraires ou artistiques ; publication, spectacle, photo, etc., obscène." Dans cette définition, nous allons nous pencher sur le mot « œuvre » : "Production de l’esprit, du talent ; écrit, tableau, morceau de musique, etc., ou ensemble des productions d’un écrivain, d’un artiste." Nous pouvons donc affirmer que la pornographie (étant une production de l’esprit) est donc par définition fictive. C’est une représentation des relations sexuelles biaisée par l’imaginaire et l’esprit créatif de l’homme.


Dans ce cas, la pornographie pourrait être définie comme virtuelle. Dans Méditations sur le réel et le virtuel, Denis Berthier définit le virtuel comme le reflet d’un miroir, c’est-à-dire que sa perception provoque un effet réel sur celui qui le perçoit. L’expérimentation du virtuel est alors vécue comme réelle, mais reste fictive. Une dernière définition pouvant qualifier le porno serait le terme de : fantasme, à la fois l’activité de fantasmer, qu’elle soit individuelle ou collective, et ses produits : une mise en scène imaginaire, un scénario imaginé, une mise en scène, un monde fictionnel.


Même si la pornographie met en scène des faits correspondant à des archétypes vraisemblables, elle ne correspond qu’à des fantasmes mis en scène par l’homme. Les vidéos pornographiques telles que nous les connaissons aujourd’hui, sont (comme tout contenu cinématographique) mises en scène. En effet, l’industrie du cinéma et celle de la pornographie, aujourd’hui, possèdent de plus en plus d’attraits communs : jeu d’acteurs, montage vidéos, éclairages, scénarios, productions, etc.


Les acteurs pornos jouent la comédie et suivent un scénario écrit et imaginé par le réalisateur, ces vidéos pornographiques sont donc aussi peu réelles que les films que nous pouvons voir au cinéma.


Maintenant, que nous savons que la pornographie est une mise en scène, parlons des différents outils esthétiques et superficiels mis en place par la production pornographique. Comme toute grosse industrie, celle de la pornographie a pour but de faire du profit, pour ce faire, il faut donc générer du clic et correspondre aux envies des téléspectateurs et donc aux stéréotypes véhiculés par la société.


Nous vivons dans une société qui reste patriarcale, la pornographie est donc influencée par les stéréotypes de genre et le sexisme ambiant. Effectivement, dans le porno, les femmes doivent suivre les idéaux de beauté actuelle, certaines actrices en viennent à subir des opérations de chirurgie esthétique sur leurs organes génitaux (rétrécissement des lèvres, car elles s’allongent à la puberté) pour qu’ils correspondent le plus possible au carcan de la société.


Le sexe masculin est également soumis aux mêmes règles, les acteurs sont choisis grand, fort, avec un sexe plus gros que la moyenne. Il est vrai que dans ces films, il n’y a pas de place pour la spontanéité. Contrairement à ce que nous rencontrons dans nos vies sexuelles, il n’y a pas (dans la pornographie mainstream) de communication, de gestes d’affection, de maladresse, les acteurs semblent être en pilotage automatique comme si tout était implicite.


Dans la vraie vie, il est nécessaire de communiquer avec son partenaire pour vivre du plaisir à deux, chaque personne à ses zones érogènes et ses envies spécifiques. De plus, le porno actuel est centré sur la pénétration et sur le plaisir masculin, ce qui dans la vraie vie, ne correspond pas à une vie sexuelle épanouie pour les partenaires. Au niveau des pratiques présente dans la pornographie, nous pouvons retrouver énormément de sexe anal, BDSM (acronyme de bondage et de discipline, de domination et de soumission, de sadisme et de masochisme) et autres pratiques violentes alors qu’en réalité, ce ne sont pas des pratiques fort populaires dans la société.


Un autre élément non-présent dans la pornographie, mais présent dans la vraie vie est le préservatif, celui-ci est indispensable pour éviter les MST/ IST et est également un moyen de contraception.


Il est pertinent de se demander si les adolescents de la génération Z, consommateur de pornographie, savent faire la différence entre la fiction et la réalité. Même si légalement, il faut être majeure pour rentrer sur un site pornographique, 64 % des garçons et 39% des filles âgés de 15 à 17 ans ont déjà visionné une vidéo pornographique.


Ce qui est problématique, c’est qu’à cet âge les jeunes sont en pleine puberté et en plein développement psycho-sexuel. Ils n’ont pas encore la maturité de réellement faire la part des choses entre ce qu’ils ressentent, voient, et vivent.


Ces adolescents sont face de plus en plus jeunes à des images pornographiques (de manière intentionnelle ou non), sans avoir eu le temps de se représenter la sexualité par eux-mêmes. De plus, vu que la sexualité et surtout la pornographie restent des sujets très tabous, il est difficile d’éduquer la génération Z au danger de la pornographie sans la blâmer.

La frontière entre réalité et vie numérique devient de plus en plus floue. Il en va de même pour la pornographie, il existe de plus en plus de dispositifs de réalité augmentée pornographique et si ceux-ci se répandent de plus en plus, cette confusion risque de grandir encore plus.




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